Un document qui se lit à voix haute

Quand une personne vous lit une lettre au téléphone, elle commence par le haut, elle suit les phrases dans l'ordre où elles ont été écrites, et elle ne s'arrête pas pour vous lire l'adresse imprimée au-dessus : elle voit bien où est le message. Un logiciel qui lit un document à voix haute ne voit rien de tout cela. Il n'a que les traits posés sur la page, dans l'ordre où le programme les a posés — souvent le titre, puis le numéro de page, puis le corps du texte — et une personne aveugle reçoit donc le numéro de page au milieu d'une phrase.

Ce document contient une seconde version de lui-même que personne ne voit : une liste qui dit voici un titre, voici un paragraphe, voici un tableau de trois lignes, et voici dans quel ordre les lire. Le titre courant et le numéro de page y sont inscrits comme du décor, et ne sont donc jamais prononcés. Rien ne change à l'œil : on ouvre le fichier et on voit deux pages ordinaires.

Le fichier ci-dessous ne revendique aucune norme : il contient la structure, et ne dit rien de l'ensemble de règles auquel il entend être tenu. Cette revendication tient en une ligne à ajouter, et c'est elle qu'une vérification vient ensuite éprouver — le même exemple est donc écrit deux fois de plus, une fois en revendiquant les règles d'accessibilité bâties sur la norme la plus récente, une fois en revendiquant le niveau d'archivage qui demande à chaque marque de la page de tenir lieu de lettre. Chacun de ces deux fichiers passe par veraPDF avant toute intégration à la bibliothèque, et un refus arrête la vérification sur place.

Ce que montre cet exemple

  • Deux pages faites de titres, de paragraphes et d'un tableau de trois lignes, chacun disant ce qu'il est.
  • Le titre courant et le numéro de page marqués comme du décor, et jamais prononcés.
  • Le même exemple, réécrit en revendiquant les règles, remis à veraPDF — un programme gratuit qui n'a jamais entendu parler de nous — et accepté aux deux niveaux qu'il revendique alors.

Le code source complet

Rien n'est omis et rien n'est simplifié : c'est le programme exactement tel qu'il tourne, pour le développeur qui utilise cette bibliothèque. La troisième est la description elle-même : une simple liste de ce que la page doit dire, et c'est elle qu'on envoie au service.

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Le document lui-même

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Des exemples voisins de celui-ci

Une feuille qui mesure ce qu'elle annonce

Trois règles — centimètres, pouces et points — sur une page qui dit à ce qui l'imprime de la sortir exactement à la taille où elle a été dessinée, et de ne rien proposer d'autre. Posez un mètre ruban sur la feuille imprimée et vous pourrez vérifier vous-même.

Un registre dont chaque page dit d'où elle vient

Deux séances reliées en un seul fichier. Chaque page a son propre relevé — ce qu'elle est, de quelle main elle a été écrite, le jour où elle l'a été — la photographie de la deuxième page en a un aussi, et chaque transcription est rattachée à la page qu'elle transcrit plutôt qu'au fichier entier.

Un fichier qui explique ses entrées

La référence d'un service d'archives, le département dont le document vient, la date jusqu'à laquelle il doit être gardé et sa classification, portés dans un fichier qu'une archive accepte encore. Aucune règle d'archivage ne sait ce qu'est une date de conservation, donc chaque entrée porte une description d'elle-même, et c'est cette description qui fait accepter à un contrôleur un fait que vous seul avez inventé.

Un bon de livraison qui connaît sa commande

Chaque ligne du bon contient la commande pour laquelle elle a été prélevée, le code article et l'étagère d'où elle vient, et n'imprime rien de tout cela. L'endroit où le chauffeur signe contient la tournée et la camionnette, et un autre, à côté du repère de pliage, ne contient rien que son propre emplacement.

Une liste dont les images parlent aussi

Une liste de pièces dont la première colonne est une image plutôt qu'un mot. Chaque image donne la phrase qu'on entend à sa place, si bien que rien de cette liste n'échappe à qui ne la voit pas. Sur la page, les images restent de simples images.

Factur-X : la facture électronique

La facture électronique que la loi française impose depuis septembre 2026 : un seul fichier, une page qu'une personne lit et la même facture à l'intérieur en XML. Plus rien à rapprocher ensuite, puisqu'il n'y a jamais qu'une seule facture.

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