PDF/A-1 : la première norme d'archivage

La première édition, parue en 2005, est celle qui a posé la promesse que toute la famille tient depuis : tout ce dont le document a besoin pour être lu est à l'intérieur du document.

Texte publié
ISO 19005-1
Année de l'édition
2005
Version sur laquelle elle repose
PDF 1.4

En mots de tous les jours

Écrit pour tout le monde, sans rien tenir pour acquis. Dit à quoi sert la règle et ce qu'elle change sur le document que vous obtenez.

En 2005, un PDF pouvait nommer une police qu'il ne portait pas, décrire une couleur comme ce que cet écran-là appelait rouge, et pointer vers une image rangée ailleurs. Tout cela marchait, et tout cela a cessé de marcher le jour où la police, l'écran ou l'adresse a disparu.

On a donc écrit un jeu de règles qui ferme toutes ces portes d'un coup. Il est court, il est strict, et c'est grâce à lui qu'un document de 2006 écrit de cette façon s'ouvre encore aujourd'hui dans Adobe Acrobat Reader (Windows, Mac, Android, iPhone), dans Aperçu sur le Mac, dans Chrome, Firefox et Edge, dans Okular et Evince sous Linux et dans SumatraPDF sous Windows.

Elle est venue en deux niveaux. Le plus simple promet la page : elle aura la même allure aussi longtemps que le fichier existera. Le plus complet promet la page et son sens : le document dit quel texte est un titre et quel texte est un paragraphe, pour qu'un logiciel qui le lit à voix haute le dise dans le bon ordre.

Pour un développeur

La même chose sans le détour : les objets, les contraintes, et où passe la limite entre ce qui est produit et ce qui est déclaré.

La partie repose sur PDF 1.4, la version du format publiée par Adobe avant que le format ne devienne une norme ISO à part entière. C'est ce qui la date : tout ce que le format a gagné ensuite est hors de cette partie par construction, et c'est pour cela que les éditions suivantes existent.

Deux niveaux, écrits d'une lettre après le numéro. Le niveau B demande que la page soit reproductible ; le niveau A demande cela, plus une hiérarchie de structure, une correspondance de chaque caractère dessiné vers Unicode, et que la langue du texte soit déclarée.

La déclaration s'écrit dans le bloc de description du document, en deux entrées : la partie et le niveau. Un fichier dont la description dit une chose et dont le contenu en dit une autre n'est pas affaire d'opinion — un vérificateur lit les deux.

Article par article

Le texte publié derrière chaque exigence, ce que le moteur mesure sur le document, et ce qu'il laisse à un vérificateur.

Cette partie ne fait pas partie des déclarations que le moteur écrit aujourd'hui, et elle est prévue pour une version future. L'essentiel de ce qu'elle exige est déjà produit pour les parties qui, elles, sont écrites — les lettres, la déclaration de couleur, le bloc de description — et ce qui sépare les deux est l'ensemble des constructions que cette partie est seule à fermer, listées ci-dessous.

Un document qui doit être déclaré sous cette partie aujourd'hui gagne à être écrit sous l'une des suivantes et comparé à l'exigence : les parties suivantes tiennent toutes les promesses de celle-ci, et une archive qui nomme la famille plutôt que l'édition les accepte.

Les niveaux de cette partie

Chaque niveau de cette partie, et comment il se demande
Niveau Ce qu'elle apporte Demandé par le réseau sous le nom
PDF/A-1A La page, plus la structure de son propre texte, sa langue et une correspondance de chaque caractère dessiné vers la lettre qu'il représente. Prévu pour une version future
PDF/A-1B La page seule : elle a la même allure aussi longtemps que le fichier existe. Prévu pour une version future

Ce que cette partie exige

  • Chaque police avec laquelle le document dessine voyage dans le fichier.
  • Une couleur qui dépend de l'appareil est accompagnée d'une déclaration disant lequel, pour qu'elle soit reproduite et non devinée.
  • Le document porte un bloc de description nommant la partie et le niveau qu'il déclare.
  • Chaque annotation porte le dessin de la façon dont elle doit apparaître.

Ce que cette partie interdit

Une règle qui ferme une porte est ce qui rend la promesse tenable : chacune de celles-ci est une façon dont un document pourrait cesser d'être lisible plus tard.

  • Tout chiffrement : un fichier archivé s'ouvre sans mot de passe.
  • Tout ce que le document ne porte pas lui-même, qu'il s'agisse d'une police, d'une image ou d'une page allée chercher à une adresse.
  • Les programmes à l'intérieur du document, et tout ce qui lance un programme.
  • Le son, le film et tout ce qui n'est pas de l'encre sur une page.
  • La peinture transparente et les couches qu'on peut éteindre : toutes deux sont arrivées dans le format après l'écriture de cette édition.
  • Un fichier transporté dans le document : la deuxième édition, elle, l'autorise.

Où en est cette partie chez nous aujourd'hui

La déclaration elle-même est prévue pour une version future. Ce qu'elle exige des lettres, des couleurs et du bloc de description est déjà ce qui sort d'un document déclarant l'une des parties écrites aujourd'hui.

Ce que porte ici tout document d'archivage

Cela vaut quelle que soit la partie déclarée. Rien de cette liste n'est à redemander.

  • Chaque lettre que le document dessine voyage à l'intérieur de lui, réduite aux dessins que le document emploie vraiment, si bien que la page se lit pareil sur une machine où cette police n'a jamais été installée.
  • Une déclaration de couleur est écrite, qu'on l'ait demandée ou non, pour que les gris et les rouges veuillent dire la même chose sur l'écran suivant que sur celui-ci.
  • Le bloc qui dit ce qu'est le fichier — son titre, le moment où il a été écrit, la partie qu'il déclare et l'année de cette édition — est écrit dans le document, et la déclaration se trouve là où la partie déclarée s'attend à la lire.
  • Un rapport peut être demandé avant que rien ne soit écrit : il revient avec toutes les remarques d'un coup, chacune nommant le texte publié auquel elle répond et la police, la couche, la page, le lien, le champ ou la cellule dont il s'agit.
  • Un document qui a déclaré une partie et enfreint l'une de ses règles est refusé plutôt qu'écrit de travers, et le refus nomme la règle.
  • Tout ce vers quoi mène le document est à l'intérieur du document. Chaque partie de la norme autorise pourtant une consigne qui ouvre un fichier posé à côté ; l'équipe refuse cette consigne sous une déclaration d'archivage, pour que le document se lise encore tout seul le jour où le dossier autour de lui a disparu. C'est la même ligne que le moteur trace déjà sur les formulaires.
  • Chaque document d'archivage publié sur ce site passe par deux vérificateurs qui n'ont pris aucune part à son écriture, veraPDF et Ghostscript, et c'est leur verdict qui est affiché — pas le nôtre.

Les exigences, famille par famille

Les huit familles ci-dessous sont le même ensemble d'exigences pour toutes les parties, et chacune de leurs pages dit ce qui sort tout seul et ce que vous seul pouvez fournir.

Les textes publiés qui la fondent

Chaque texte publié, et ce qu'il demande
Texte publié Ce qu'il demande
ISO 19005-1 6.1.11 Aucune spécification de fichier ne nomme de fichier transporté : cette partie ne transporte rien à l'intérieur du document.
ISO 19005-1 6.1.13 Le document ne déclare aucun jeu de couches qu'on puisse éteindre.
ISO 19005-1 6.2.2 Une couleur qui dépend de l'appareil est accompagnée d'une intention de sortie nommant cet appareil.
ISO 19005-1 6.3.4 Chaque police avec laquelle le document dessine est transportée dans le fichier.
ISO 19005-1 6.4 Rien sur la page n'est peint en transparence.
ISO 19005-1 6.6.1 Aucune action ne lance un programme, ne joue un son ni n'exécute du code.
ISO 19005-1 6.7.11 La partie et le niveau s'énoncent dans la description propre du document.

Les autres éditions de la norme

PDF/A-2 PDF/A-3 PDF/A-4

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Glossaire

norme
Une règle débattue en commission, publiée sous un numéro que n'importe qui peut acheter et lire, et identique pour toutes les entreprises qui s'en réclament. Dire qu'on la suit peut donc être vérifié face au texte. Une façon de faire qui s'est simplement répandue parce qu'elle marchait est une habitude du métier : utile, très suivie, et qui ne répond devant aucun texte.
veraPDF
Un programme gratuit qui vérifie qu'un fichier respecte vraiment les règles qu'il annonce. C'est celui qu'utilisent les services d'archives, donc c'est celui qui sert ici : un document n'est pas conforme parce qu'on l'affirme, il l'est parce que veraPDF l'a accepté.
pièce jointe
Un fichier entier glissé dans un PDF et transporté avec lui, comme un trombone tient une feuille à une chemise. Il suffit d'ouvrir le document pour le ressortir. Une facture électronique fonctionne ainsi : la page qu'une personne lit porte les mêmes montants qu'un fichier lu par un logiciel de comptabilité.
intention de sortie
Le profil de couleur écrit dans un document pour dire pour quelle presse ou pour quel écran ses couleurs ont été choisies. Un imprimeur le lit pour savoir à quoi doivent ressembler les chiffres du fichier, et les règles sur les documents gardés longtemps en réclament un.
CMJN
Les quatre encres d'une imprimerie : le cyan (un bleu), le magenta (un rose), le jaune et le noir. Un écran, lui, fabrique ses couleurs avec de la lumière. Un document qui part à l'impression dit donc ses couleurs en encres, et non en couleurs d'écran.
police
Le dessin de chaque lettre, de chaque chiffre et de chaque signe qu'un document écrit, rangé dans un fichier à part. Un PDF emporte à l'intérieur de lui-même les polices dans lesquelles il est composé : c'est pour cela qu'il s'ouvre à l'identique sur une machine qui ne les a jamais eues. Sans elles, un logiciel de lecture en met une autre à la place, et la mise en page bouge.
transparence
De la peinture qui laisse revenir ce qui est dessous, dans une proportion annoncée. C'est ce qui fait qu'une mention posée en travers d'une page laisse lire le texte qu'elle recouvre, et qu'un surlignage est un surlignage et non un pâté. Le fichier dit quelle part passe ; celui qui dessine la page calcule la couleur qui en résulte.
arbre de structure
La liste, tenue dans un PDF balisé, qui dit ce qu'est chaque partie de la page et à quoi elle appartient : ce bloc est une section, cette ligne son titre, cette suite de cellules une ligne de ce tableau. C'est la forme du document, tenue à part de l'encre.
annotation
Quelque chose posé sur une page plutôt que dessiné dedans : un rectangle cliquable, une case où taper, un bouton. Cela occupe sa propre place sur la feuille et c'est ce qui fait qu'un PDF répond à un clic.

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