fond perdu

Le fond perdu, c'est la couleur qui déborde de la ligne où passera la lame.

En détail

Une lame ne tombe jamais exactement où il faudrait. Le papier bouge, la pile se décale, le couteau dérive d'une fraction de millimètre — et une couleur qui s'arrête pile au bord fini laisse aussitôt un liseré blanc.

La feuille est donc dessinée plus grande que la page finie, et la couleur est menée au-delà de la coupe, en général de trois millimètres. Quoi que la lame emporte, elle emporte de l'encre.

Ce qu'il fait sur un vrai document

Un fichier destiné à la presse porte donc deux rectangles au lieu d'un : la feuille telle qu'elle est imprimée, et la page finie à l'intérieur. Les deux sont écrits dans le document, si bien que personne n'a à mesurer l'écart ni à demander ce qu'on voulait dire.

L'autre moitié de la règle est à l'intérieur de la coupe : rien de ce qui doit être lu ne doit se tenir contre le bord fini, parce que la lame, qui ne tombe jamais tout à fait droit, peut aussi bien enlever quelques dixièmes de millimètre à la page que les laisser.

D'où il vient, et pourquoi

Le nom vient du métier : ce fond de couleur est perdu d'avance, puisque la lame l'emporte. Il dit ce que les imprimeurs ont toujours fait — imprimer la couleur trop loin exprès, puis recouper la feuille dedans — et c'est la seule façon qu'on ait trouvée de terminer une couleur pile au bord d'un morceau de papier.

Voyez-le sur un document fini

Une feuille préparée pour l'imprimeur Une feuille telle qu'elle part à l'impression Les règles derrière ce mot, et les textes d'où elles sont tirées

Glossaire

CMJN
Les quatre encres d'une imprimerie : le cyan (un bleu), le magenta (un rose), le jaune et le noir. Un écran, lui, fabrique ses couleurs avec de la lumière. Un document qui part à l'impression dit donc ses couleurs en encres, et non en couleurs d'écran.

Tous les mots que le site explique

Revenir au glossaire complet