surimpression
La surimpression consiste à laisser une encre se poser par-dessus l’encre déjà sur la feuille, au lieu de l’effacer.
En détail
Une presse dépose une encre à la fois, et la feuille voyage d’une encre à l’autre. Là où une forme se trouve sur un fond coloré, la machine a deux façons de s’y prendre. Elle peut mettre l’encre de la forme directement par-dessus le fond, et les deux encres s’additionnent. Ou elle peut laisser en blanc dans le fond la place de la forme — faire une réserve, comme on dit dans le métier — et imprimer la forme dans ce vide.
Aucune des deux réponses n’est bonne à elle seule. Un trou garde une couleur nette, et c’est ce qu’il faut à une forme pâle sur un fond foncé ; mais la feuille doit revenir exactement au même endroit pour chaque encre, et là où elle n’y revient pas, un fil de papier nu apparaît autour de la forme. Mettre l’encre par-dessus cache ce fil, au prix du mélange des deux couleurs. Le texte noir sur une couleur est le cas que tout le monde rencontre : il se met par-dessus, parce qu’un trou ferait apparaître un halo blanc autour de chaque lettre.
Ce qu’il fait sur un vrai document
Le document le déclare, forme par forme. Un état graphique déclaré fixe `overprint` pour le remplissage et le trait à la fois, ou `stroke_overprint` et `fill_overprint` là où une forme surimprime d’un côté et pas de l’autre ; une forme dessinée applique ensuite cet état graphique par son nom. Rien de tout cela n’apparaît à l’écran : c’est lu par la machine qui pose l’encre.
Une clé JSON de plus va avec. `overprint_mode` dit ce que signifie une composante nulle pendant une surimpression : `erase_zero` pose chaque composante telle qu’elle est donnée, si bien qu’un zéro efface cette encre de la feuille, et `keep_zero` laisse l’encre telle qu’elle a été trouvée et ne pose que les autres composantes. C’est cette seconde valeur qui permet à un texte noir sans cyan, magenta ni jaune de se poser sur un fond coloré au lieu d’y percer un trou.
D’où il vient, et pourquoi
Le mot vient de l’atelier : on disait que la seconde encre était imprimée par-dessus la première. Cela se réglait au stade du film, avant les logiciels, par celui qui fabriquait les plaques, et c’est resté une conversation entre le studio et l’imprimeur longtemps après le passage des fichiers au numérique. L’écrire dans le document, c’est ce qui met fin à cette conversation.